Formation de base

Il est fondamental qu’un chef de chœur d’une chorale thérapeutique connaisse bien la clientèle avec laquelle il interagira, afin qu’il puisse être en mesure de reconnaître les symptômes d’intolérance.

La dyspnée, ou sensation d’essoufflement peut survenir chez certains participants durant la séance. Il est important d’agir rapidement et de manière appropriée pour assurer la sécurité et le confort de la personne concernée. Sur l’échelle de Borg modifiée de 0 à 10, un maximum de 5 devrait être atteint par les participants. Nous demandons aux participants de nous informer dès qu’ils dépassent 3/10 sur l’échelle de Borg.

Lors d’une crise d’essoufflement, le facilitateur pourra proposer une respiration lente et profonde (abdominale ou diaphragmatique) ou la respiration à « lèvres pincées » (voir la 2e capsule informative sur la gestion de l’essoufflement).

Il est donc important que le facilitateur ait une formation sur les différents aspects des maladies pulmonaires et sur sa prise en charge.

Vous trouverez ici succinctement les principes de base des principales maladies pulmonaires, leur symptômes, les exacerbations, la prise en charge, la médication, la réadaptation pulmonaire et l’éducation à l’autogestion.

Nous préconisons une formation plus élaborée si vous ne connaissez pas ou peu cette clientèle ou que vous n’avez jamais travaillé en réadaptation pulmonaire. 

Les maladies pulmonaires affectent la capacité des poumons à assurer une bonne ventilation et donc une bonne oxygénation (Frownfelter & Dean, 2012). Elles peuvent essentiellement être regroupées en deux grandes catégories, soit le syndrome obstructif et le syndrome restrictif (Kumar et al., 2022; Marieb & Hoehn, 2019).

Les principales maladies respiratoires chroniques (MPC)

Les maladies pulmonaires chroniques génèrent des symptômes non négligeables pour les personnes atteintes, dont: 

  • Essoufflement (Dyspnée) à faire des tâches simples, mesuré sur une échelle (Borg)
  • Toux régulière
  • Production de mucus et expectorations
  • Respiration sifflante la nuit ou à l’effort
  • Sommeil perturbé
  • Fatigue
  • Rhume plus long que la normale (exacerbation)

Toutes ces symptômes sont responsables de nombreux impacts sur la qualité de vie, tant sur le plan physique, psychologique et social (Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease, 2026).

Une exacerbation fait référence à une amplification des symptômes de toux, de sécrétions (mucus), d’essoufflement, de fatigue et peut être accompagnée de fièvre et d’une diminution de l’était générale depuis quelques jours. Cette situation ne reviendra pas à la normale sans augmentation de la médication usuelle. Ainsi une médication d’appoint sera ajoutée soit des antibiotiques et parfois même des corticostéroïdes (Bourbeau et al., 2023). Pendant cette période d’exacerbation, le patient va préférer rester à la maison pour récupérer et prendre des forces. La possibilité de suivre un groupe de chant choral à distance pour suivre la progression du groupe devient une option très intéressante. Cela permet à la personne de ne pas perdre le fil des pratiques et de ne pas se sentir en retard quand elle sera remise et prête à revenir dans le groupe. Les personnes atteintes de maladies respiratoires peuvent vivre des périodes d’exacerbations à une fréquence variable et nécessitant ou pas une hospitalisation (Bourbeau et al., 2019).

Une exacerbation a beaucoup d’impacts dans la vie d’une personne aux prises avec une maladie pulmonaire. L’exacerbation est certainement la bête noire des personnes atteintes d’une maladie pulmonaire. Ce n’est pas pour rien qu’ils soient si craintifs de se retrouver en groupe et courir le risque d’être contaminé par un vulgaire rhume. Ici un rhume peut facilement dégénérer jusqu’à une hospitalisation.

Il existe trois classifications de l’exacerbation (Bourbeau et al., 2019).

  • Légère : symptômes respiratoires qui s’aggravent ou nouveaux symptômes respiratoires sans modification des médications prescrites.
  • Modérée : ordonnance antibiotiques et/ou corticostéroïdes à prise orale.
  • Sévère : hospitalisation ou consultation à l’urgence.

Contrôle des exacerbations

Il ne faut pas minimiser l’inquiétude des participants ayant une maladie pulmonaire, d’être exposé à des virus ou des microbes. Il est essentiel de les rassurer que les personnes qui gravitent autour d’eux respectent les normes sanitaires et qu’ils connaissent bien la gravité de la propagation d’un rhume dans leur condition. Ainsi, il demeure primordial de faire tout en notre pouvoir pour éviter d’être soi-même un vecteur de virus.

Dans cette optique, tout doit être mis en œuvre afin de réduire le risque de transmission. Cela inclut la mise à disposition de gel antiseptique, le maintien d’une ventilation adéquate des espaces, le respect d’une distance appropriée entre les participants lorsque possible, ainsi que des consignes claires invitant toute personne présentant des symptômes tels que fièvre, toux, symptômes gastro‑intestinaux ou autres signes d’infection à s’abstenir de se présenter aux séances.

La prise de médicaments constitue un pilier essentiel pour préserver la qualité de vie après un diagnostic de MPOC. Bien que la prescription soit adaptée aux besoins spécifiques de chaque patient et que d’autres options puissent être envisagées, trois grandes classes de médicaments sont généralement privilégiées et utilisées plus fréquemment dans le traitement de cette condition (Nault & Bourbeau, 2008).

Les 3 principales classes de médicament

Ces médicaments peuvent avoir des effets secondaires. Les bronchodilatateurs sont reconnus pour pouvoir augmenter la fréquence cardiaque, y compris au repos, ce qui peut influencer la tolérance à l’effort lors des séances de chant. Les corticostéroïdes, particulièrement lorsqu’ils sont administrés par inhalation, peuvent avoir des répercussions sur la voix et le confort vocal. Ils sont notamment associés à de l’irritation de la gorge, de la toux, de l’enrouement et, dans certains cas, à une candidose buccale, une infection fongique pouvant provoquer douleur et inconfort. Lorsqu’ils sont pris par voie orale (comprimés), les corticostéroïdes peuvent également contribuer, à plus long terme, au développement de l’ostéoporose. Enfin, les antibiotiques, prescrits notamment lors d’exacerbations infectieuses, peuvent entraîner des effets secondaires de nature gastro‑intestinale, tels que des troubles digestifs ou un inconfort abdominal.

La réadaptation pulmonaire s’adresse aux personnes vivant avec une maladie respiratoire chronique (Spruit et al., 2013). Il s’agit d’un programme de soins interdisciplinaire et individualisé, dont les objectifs principaux qui comprennent l’amélioration des capacités fonctionnelles, de la tolérance à l’effort, ainsi que de la qualité de vie globale des participants (Spruit et al., 2013), la réduction de la dyspnée, et des exacerbations qui sont fortement associées à une diminution de la mortalité (Bourbeau et al., 2023).

La réadaptation pulmonaire repose sur une combinaison structurée d’exercices physiques (d’étirement, de renforcement et d’endurance cardiovasculaire) et de contrôle respiratoire. De plus la réadaptation pulmonaire offre de l’éducation sur la maladie et son autogestion et parfois dépendamment des milieux un accompagnement psychosocial. Ce programme est généralement encadré par une équipe composée de professionnels de la santé, incluant des physiothérapeutes, inhalothérapeutes, kinésiologues, infirmières, médecins, travailleurs sociaux et nutritionnistes.

               Bien que la réadaptation pulmonaire puisse être prescrite par un médecin à toutes personnes atteintes d’une maladie respiratoire chronique, son accessibilité reste limitée (Camp et al., 2015). Le manque de ressources et le faible nombre de programmes disponibles restreignent l’accès à ces services. De plus, les longues listes d’attente peuvent décourager les nombreux patients avant même qu’ils ne puissent entamer le processus.

Plusieurs stratégies d’autogestions existent, notamment celles présentées dans la figure suivante (Nault & Bourbeau, 2008).  

Pour plus d’information, visiter « Mieux vivre avec la MPOC ».

Techniques d’autogestion des symptômes pour les patients atteints d’une MPOC.

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