Échauffement vocaux
L’échauffement vocal prépare la voix et l’appareil respiratoire au chant tout en favorisant une posture adéquate et la cohésion du groupe. La séquence suivante est progressive et adaptée aux participants atteints de MPOC, en tenant compte de leurs capacités respiratoires et vocales. Celle-ci peut cependant être modifiée et n’est qu’un exemple tiré d’entrevues personnelles avec Joëlle Doucet (étudiante en interprétation de chant), Édith Lanoue (inhalothérapeute à la retraite et bénévole) et Louise Drouin (cheffe du chœur Respire-Chœur).
Échauffer notre voix avant de commencer à chanter permet non seulement de protéger les zones appelées à produire le son, comme les cordes vocales, le larynx, les résonateurs et la musculature respiratoire, mais à entrer dans la cohésion du son d’ensemble. Les exercices proposés sont souvent drôles, provoquant le rire, et de ce fait activant le diaphragme, mais ils sont aussi optimaux pour agrandir la tessiture (l’écart entre les notes les plus hautes et les plus basses) et l’amplitude vocale (la qualité et la sonorité de l’émission). Déjà, le volet cohésion sociale est enclenché et les notes des chants du jour pourront être mieux rendues sans mal.
La liste suivante servira tout au long de la session, en variant selon l’avancement et les chants.
La position du chanteur est demandée avant de commencer – posture droite et détendue, comme soutenue par un fil fixé à la fontanelle, sur le dessus de la tête, autant debout, avec les genoux flexibles, pieds à la largeur des épaules, ancrés au sol, qu’en position assise, en s’appuyant sur les ischions (os des fesses), sans s’adosser, pieds au sol enlignés avec les hanches.
- D’abord, il s’agit d’allumer les résonateurs (nos haut-parleurs, situés près des ailes du nez-joues-base des yeux) dans la bonne humeur. Par exemple, parler doucement avec son voisin en voix de tête (Bobinette).
- Ensuite, favoriser la position idéale du visage et de la bouche. Par exemple, faire quelques bâillements sonores.
- Puis activer la soufflerie par la respiration diaphragmatique. Par exemple, proposer une moue, lèvres avancées, mâchoire souple et faire le son Bbbbb ou Brrrrr, comme pour exprimer le froid, ou encore un moteur, le plus longtemps possible. Il peut être facilitant de placer les doigts sur le creux des joues en le faisant.
- L’attention et le rythme seront ensuite sollicités en même temps que la soufflerie. Par exemple, imiter les sons du train qui accélère puis s’arrête sur le son Tch : Tch-tch-tch-tch-tchhhhhh, en variant l’intensité et la cadence.
- On peut alors passer au son de la voix en commençant par de courtes vocalises, à deux, trois, cinq intervalles (do-ré, do-ré-mi, do-ré-mi-fa-sol en tonalité de do); d’abord montantes, puis descendantes, jusqu’où on peut aller sans forcer, favoriser les na-na ou gna-gna, pour la résonance, varier les voyelles, le tempo, les nuances (doux, fort, lié, saccadé). Les voyelles ou et u sont préférées dans les descentes.
- Les harmonies à deux, trois ou quatre voix, sur un murmure (humming) quand les pupitres sont identifiés (voix hautes-basses-médianes) : ils affinent l’oreille pour la justesse et l’écoute, et entraînent la cohésion du groupe en se relayant l’un l’autre pour continuer le son sans couper.
- Terminer avec un court chant préféré ou une vocalise consacrée, soit utilisée à répétition de semaine en semaine.
Voici d’autres exemples :
- Soupir avec un grand ha!
- Des exercices de voyelles sur une note
- Des gammes
- Des arpèges
- Des parties de chansons
Voici un lien donnant quelques exemples : https://youtu.be/6PO1aKD7qmw